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| Il y a un vrai problème de taille des entreprises en France Il faut alléger les obligations et réduire les taxes sur les bénéfices qui passent en fonds propres pour faciliter leur mutation | |||||||||
Invité par M. Hervé de Charette, Dr. Saleh Al-Tayar et les membres du Conseil d’Administration de la Chambre de commerce Franco-arabe, M. Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises a donné, le mercredi 9 juin 2010, à la Maison des Polytechniciens, une conférence/débat sur le thème « L’exportation, outil de sortie de crise pour les PME ». Devant une assemblée regroupant des diplomates, des hommes d’affaires, des journalistes et des membres de la Chambre de commerce Franco-arabe, le président de la confédération des petites et moyennes entreprises a posé clairement la question de savoir si « l’export était le bon vecteur pour sortir de la crise les petites et moyennes entreprise ».
Avant de répondre à la question, M. Roubaud a tenu à rappeler à son auditoire certaines réalités, précisant que parmi les « 2 600 000 entreprises qui existent en France, un million d’entre elles n’ont aucun salarié et que sur les 1 600 000 entreprises qui restent, 95% ont moins de 10 salariés », d’où le constat amer qu’il formule sans ambage : « Il y a un vrai problème qui concerne la taille des entreprises en France ».
S’appuyant sur d’autres chiffres qui mènent au même constat, M. Roubaud a rappelé qu’il y a deux fois moins d’entreprises qui ont plus de 50 salariés que d’entreprises qui affichent un nombre de salariés supérieur à ce chiffre. Certes en 2009, a-t-il dit, plus de 500 000 nouvelles entreprises ont été crées en France, mais 300 000 d’entre elles ont adopté la forme juridique de l’auto entrepreneur.
Pour M. Roubaud, il n’y a aucun doute, d’ailleurs l’INSEE le souligne également, il y a une corrélation entre la taille de l’entreprise et ses capacités pour exporter. Et les chiffres sont là pour le prouver : 48% des ETI (Entreprise de taille intermédiaire) sont exportatrices, alors que seulement 15% des PME accèdent à ce privilège. Cela dit, M. Roubaud réclame un cadre réglementaire pour faciliter le passage pour les petites entreprises vers le statut de grandes ou moyennes entreprises.
« Il y a beaucoup d’obligations qui chargent les entreprises qui veulent passer de 10 à 20 salariés et encore plus pour celles qui passent de 20 à 50 salariés»; en conséquence, il faut alléger ces obligations, a-t-il poursuivi, comme il faut diminuer les taxes sur les bénéfices qui passent en fonds propres dans l’entreprise.
Alors, l’export est-il un vecteur pour sortir de la crise pour les petites entreprises? Oui, répond M. Roubaud qui ajoute : « Le marché français est saturé comme d’ailleurs une grande partie du marché européen, mais la France qui dispose de beaucoup d’atouts très importants peut se tourner vers d’autres marchés, car le label « Made in France » est apprécié et recherché pour sa qualité. D’autre part, la France bénéficie d’un capital de sympathie dans beaucoup de pays.
Qui plus est, dit-il, le niveau de taux de change actuel de l’Euro par rapport aux autres monnaies étrangères peut « booster » la compétitivité des entreprises françaises et les aider considérablement à exporter et conquérir de nouveaux marchés. Sur ce sujet, M. Roubaud a d’ailleurs souhaité une parité de change égale entre l’euro et le dollar américain.
A ces atouts d’ordre extérieur, M. Roubaud a rappelé les différents dispositifs pris par le gouvernement français et notamment par Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, pour aider les entreprises à exporter comme la création de « l’équipe de France à l’export » ou le guichet unique à l’export, la création du statut de VIE (Volontariat à l’international pour les entreprises) qui met au service de l’entreprise à un coût faible un vrai professionnel de l’export, ou l’assurance crédit à l’export (cap export et cap+ export). M. Roubaud a par ailleurs souligné le partenariat qui lie sa confédération à la Chambre de commerce franco-arabe, qui a permis d’organiser un voyage d’affaires pour des chefs d’entreprises dans les pays du Golfe. Ce partenariat « il faut le développer », a-t-il dit en l’occurrence. Pour finir M. Roubaud a toutefois souligné que si l’export peut être une sortie de crise pour les petites entreprises, il faut que ces entreprises tiennent la route et pour cela il faut que leur structure le permette et donc que leur taille soit adéquate à cette fin.
Remerciant M. Roubaud pour son intervention, M. Hervé de Charette a incité les entreprises françaises à aller dans les pays arabes, là où la croissance est forte, rappelant à cet égard que la croissance dans ces pays est de l’ordre de 5% en moyenne alors qu’elle n’est que de 1 à 2% dans les pays européens. D’autre part, il a attiré l’attention sur la nécessité de familiariser les PME avec des marchés plus lointains. |
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